par Vanessa Blair, Professeur de Kundalini Yoga.

La partie la plus difficile du Yoga est parfois celle que l’on devine le moins: celle d’arriver jusqu’à son tapis!

Nous avons en effet beaucoup d’excuses pour ne pas réussir à y aller: le travail, les enfants, les sorties, les tâches ménagères… choisissez votre excuse.

Pourtant lorsque l’on arrive sur le tapis, le temps s’arrête et l’on se retrouve dans notre royaume.

Pendant une heure ou plus notre esprit est dans notre corps.
Puis en pratiquant on peut se faire un auto-massage si on s’écoute correctement.  Finalement, à la fin de la séance en Savasana, on réalise à quel point cela fait du bien et que l’on en avait besoin.

Dans mes souvenirs, avant de devenir professeur et après 13 ans de pratique quotidienne, j’ai arrêté le yoga ayant pour excuses le travail, les déplacements ou même le manque d’argent. Puis j’ai repris car ma pratique manquait trop à mon corps et mon esprit. En 20 ans de pratique du Yoga j’ai  plusieurs fois arrêté avec de nouvelles excuses, pour finalement reprendre avec un tel contentement. 

Aujourd’hui je suis ralentie dans ma pratique sur le tapis, ayant accouché de mon deuxième fils Paxton Elliot il y a trois mois. Ma vie de mère de deux enfants et d’épouse fatiguée en raison du manque de sommeil vivant au rythme de mon deuxième bébé est devenue mon excuse pour pratiquer moins souvent sur mon tapis.

Dans ma pratique, je vais toucher chaque articulation de mon corps, chaque muscle, chaque « nook and cranny,” « coins et recoins », comme on dit en Anglais.  C’est ce que je suggère dans mes cours.

J’ai mis environ 10 ans, grâce à la pratique du Power Ashtanga Vinyasa Yoga quasiment tous les jours, avant de comprendre que la respiration n’était pas présente simplement pour me donner de l’énergie dans les asanas, mais que la respiration est utile pour toucher quelque chose de beaucoup plus profond.  Je n’avais pas imaginé à l’époque la profondeur de la respiration.

C’est pour cela que mot yoga veut dire, « yoke » ou jaune d’œuf, qui vient de la Bible.  Le maitre du yoga Kundalini, Yogi Bhajan expliquait que le mot, « yoke » en Sanskrit est “jugit.”  Cela veut dire, “le liant de la conscience de l’individu à la conscience de l’infini, ou Dieu.” 

Il ajoute : « une personne ne peut jamais être vraiment sage avec tous ses connaissances sans avoir vécu d’expérience.”

Il faut donc pratiquer le yoga très souvent malgré les excuses ou les expériences prenantes ou difficiles de la vie.  C’est au bout de 20 ans de pratique, aujourd’hui, que j’ai compris le sens du mot « jugit ».  Tout se connecte et se réunit ensemble sur le tapis pour se réunir ensuite au dehors après dans la vie.

Après la naissance de mon premier fils Weston il y a trois ans, je me suis longtemps oubliée.  Je donnais tout à mon bébé et ma pratique a souffert.  Ma relation avec mon mari a souffert.  Ma santé a souffert. J’ai pourtant continué à pratiquer ce que je croyais être une forme de yoga: celui du service, en dehors du tapis, celui de la respiration et celui de la meditation.  Donc, j’ai gardé la connexion mentale que j’avais crée avec mon corps.

C’est quand j’ai découvert le Kundalini Yoga auprès de Gurmuck à Los Angeles en 2015 pour reprendre une sadhana intensive – chemin spirituel yogique – que mon inspiration intérieure s’est enflammée de nouveau, c’est à ce moment là que j’ai compris que le yoga que je faisais dans ma vie, soit sur le tapis ou dehors du tapis, ainsi que le yoga que j’enseigne est “jugit.”  Tout est jugit quant on a l’esprit yoga.

Finalement ma vie est Yoga avec ses moments difficiles pendant lesquels je dois respirer d’avantage et avec ses moments de méditation où je vois tout en clair.  Donc, je deviens un peu plus sage avec mes experiences de tous les jours.

En ce moment, je comprends pleinement l’expression : “Nous sommes des êtres spirituels en train de vivre une expérience humaine.”

Venez pratiquer le Kundalini Yoga avec moi le vendredi soir à 17:30 au Jardin de la Piboule!