DEMAIN, le film documentaire à voir aujourd’hui.

C’est avec enthousiasme que nous sommes retournés hier voir le film DEMAIN dont la projection organisée par l’association Colibris, avait lieue cette fois – ci avec Cyril Dion, le réalisateur du film, pour un débat avec les spectateurs après le film.

Voici le site web avec la bande annonce: http://www.demain-lefilm.com/

1170933_519539398221500_3839481684514251243_n

J’ai été une fois de plus émue aux larmes au début du film lorsque l’étude réalisée en 2012 sur l’état de la planète est exposée, lorsque les images de la planète défilent sur la bande son indie éléctro pop aux voix celtiques, puis mon moral repasse toujours rapidement à la hausse dès que l’on entre dans le vif du sujet de toutes les initiatives prises par des citoyens à travers le monde entier qui décident de prendre leur destin en main.

C’est avec beaucoup de sérieux et d’humour à la fois que tout est exposé, j’ai été tellement émue et beaucoup ri par moment en écoutant les témoignages de tous ces gens qui recherchent des choses saines et simples dans leur vie, pour mieux vivre et apporter un monde meilleur à leurs enfants.

C’est un film réalisé par des acteurs du cinéma français, Mélanie Laurent et Cyril Dion, qui ont eu un grand éveil de conscience et le retransmettent parfaitement dans leur film.

Agir:

Pendant le débat à la fin du film, un spectateur a demandé à Cyril Dion comment agir pour contribuer au monde de Demain. Cyril a expliqué que l’on peut trouver sur le site web des fiches pratiques pour être guidé pour commencer à faire ses actions. Voici le lien où l’on peut trouver ces fiches pratiques: http://www.demain-lefilm.com/les-solutions

demain2

Cyril Dion a conclu le débat en invitant chacun à « trouver ce qui le passionne vraiment et qui pourrait contribuer au monde meilleur de demain et le faire en se marrant surtout. »

L’association Colibris a demandé à Yann, mon compagnon, de faire un petit discours à la fin du débat, pour apporter sa participation à cette soirée. Voici son discours et point de vue en tant que maraîcher paysan aujourd’hui:

« Bonjour à tous,

Tout d’abord, merci à l’association Colibris, à Cyril et à toute son équipe pour ce film qui remplit nos cœurs d’espoir car certes, nous savons que nous dansons sur un volcan et que la terre commence à trembler, mais on voit à travers l’enthousiasme, le dynamisme et la diversité de toutes ces actions qui concernent tous les aspects de notre société que bon nombre de projets sont portés par des groupes de personnes qui se fédèrent et prennent leur destin en main plutôt que d’être fatalistes ou d’attendre après un homme d’état providentiel.

Ce film nous ouvre les yeux sur un horizon où l’homme vivrait de façon plus harmonieuse avec son environnement. Car aujourd’hui, nous avons les techniques, mais il faut changer les mentalités, on ne peut résoudre un problème en gardant le même processus mental; la difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles, mais d’oublier les idées anciennes.

Tout comme les acteurs du film qui montrent qu’il y a plein de nouvelles visions alternatives qui éclosent, qui font leurs preuves sur du long terme et ainsi prouvent leur durabilité afin d’apporter leur goutte d’eau dans un océan déchainé, au Jardin de la Piboule – c’est le nom de mon jardin, dont la création a été rendue possible grâce au soutien de l’AMAP, et de tous les gens qui nous soutiennent – nous cultivons des légumes et essayons d’appliquer les pratiques agricoles qui nous semblent les plus respectueuse de l’environnement afin de stimuler notre terre, la vie des micro-organisme et d’essayer de reproduire les mécanisme de fonctionnement des écosystèmes naturels au sein de notre jardin, c’est ce qu’on appelle l’agriculture de conservation.

Nous cherchons activement des alternatives à notre système agricole qui est de plus en plus contesté en terme de qualité des produits, d’érosion des sols, d’impact sur la biodiversité, de pollution, etc….

L’agriculture conventionnelle est un modèle agronomique et économique dépassé dont la poursuite ne mène qu’à des catastrophes, donc continuer à investir et subventionner ce modèle, c’est comme si une fondation de lutte contre le cancer investissait dans le tabac.

L’agri-culture, « l’agriculture », est un choix de société et c’est le reflet de notre société. C’est à nous tous d’encourager les actions vertueuses, car changer d’agriculture n’est-il pas l’acte primordial de l’éclosion d’une nouvelle civilisation. Il n’y a pas de pays sans paysan, c’est écrit dedans.

L’évolution du climat nous place dos au mur et nous oblige à la plus fabuleuse des transitions. Ce mot transition, est un mot riche de sens, qui évoque le mouvement, le changement d’une situation à une autre, d’un modèle de fonctionnement à un autre, c’est un changement substantiel marquant le passage d’un monde à un autre ce qui peut générer des attitudes opposées, pour certains l’inquiétude face à l’inconnu, pour d’autre un formidable espoir face à de nouvelles opportunités.

Avec le dynamisme de toutes les personnes que fédèrent l’association colibris, nous devons maintenant imaginer à partir de l’existant d’arriver par étapes successives vers un horizon préalablement défini et vertueux. Cette transition est possible à condition d’y mettre les moyens financiers et humains nécessaires. Cette transition ne peut fonctionner que sur le désir partagé et les réussites de chacun afin d’aboutir à la résilience. La résilience, c’est la capacité d’un système à se maintenir debout malgré les chocs par exemple d’ordre climatique ou économique. Ce n’est pas de la résistance. Le chêne est résistant, le roseau est résilient.

En fait l’agriculture n’échappe pas à certaines des règles de la nature qui évolue et s’adapte en permanence trouvant un équilibre entre stabilité et créativité. Il ne faut pas que la peur du changement l’emporte surtout quand suffisamment de connaissances nouvelles démontrent qu’il est possible de faire mieux autrement sachant que l’inaction nous fait prendre beaucoup plus de risque que l’audace.

Les agriculteurs locaux de la presqu’île de Saint-Tropez ont exercé tout leur talent pour valoriser leur terroir à travers la vigne et maintenant le rosé a une notoriété reconnue internationalement. Mais on peut envisager une approche de diversification, complémentaire de l’agriculture, et des paysans qui permettrait de reconstruire notre souveraineté alimentaire locale dans un souci de principe de précaution, car on ne pourra pas éternellement faire venir la nourriture des quatre coins du monde sachant que la plupart de la nourriture que nous allons consommer la semaine prochaine n’est pas encore arriver dans notre pays, c’est un comble quand on voit que tout le monde n’attend que ça, que ce soit tous nos concitoyens qui vivent ici à l’année, les touristes qui viennent profiter de notre belle région, les restaurateurs, les collectivités, on a tout, on a le pain et le couteau et on se laisse mourir de faim en laissant toutes les meilleures terres en friche, alors qu’en les remettant en culture nous pourrions encore mieux exprimer notre terroir et notre savoir-faire.

Comme le dit si bien Pierre Rabbhi, « Désormais la plus haute et la plus belle des performances que devra réaliser l’humanité sera de répondre à ses besoins vitaux avec des moyens simples et sains. Cultiver son jardin et s’adonner à n’importe quelle activité créatrice d’autonomie sera considérée comme un acte de résistance à la dépendance et à l’asservissement de la personne humaine ».

A cela je conclurais par le fait que l’agriculture n’est pas que la culture de la nourriture, elle est connectée à l’ensemble des phénomènes du vivant et de l’univers. Elle y est reliée par essence car l’agriculture véritable c’est le culte des champs, c’est la vie.

Yann Ménard, paysan maraîcher.

narayani_yoga_amap_cogolin_p1030051
By | 2017-01-29T09:29:07+00:00 janvier 16th, 2016|actualité, bien-être, cinema, environnement, Jardin de la Piboule|0 Comments

About the Author:

Emmanuelle JEANNE Professeur de Yoga Narayani Yoga

Leave A Comment

Site web réalisé par OmniMaki

Newsletter